LA CENI

La Commission Électorale Nationale Indépendante de la République de Guinée se classe parmi les OGE dites autonomes et indépendantes;

Elle accomplit une mission à deux dimensions:

Organiser et superviser l’ensemble des élections politiques et référendaires sur l’ensemble du territoire national.

Elle est composée de 25 commissaires désignés par 4 structures administratives, politiques et sociales que sont:

  1. Les partis politiques dans une parité de 10 membres chacun entre la Mouvance (parti au Pouvoir) et l’opposition;
  2. L’administration avec 2 membres et
  3. La Société Civile avec 3 membres dont un en assure la présidence sur votation des 25 commissaires.

Elle s’administre par un règlement intérieur et un bureau exécutif. Son opérationnalisation administrative et technique repose sur des départements techniques placés sous la direction des commissaires. Le BE est composé de 5 membres dont deux vice-présidents, un rapporteur et un trésorier désignés par l’opposition et la mouvance parmi les 20 représentants des partis Politiques.

La CENI Guinée a 7ans de mandat. Elle est fondée en 2007 et a été renouvelée en 2012.

Plus de 200 partis politiques agréés par le Ministère de l’Administration du Territoire ( MATD) parmi lesquels un maximum de 29 partis ont présenté des candidats à la présidentielle 2010, aux législatives 2013 et à la présidentielle de 2015.

Plus de 1000 organisations de la Société Civile (OSC) guinéenne et de Solidarité Internationale sont agréées par le même Ministère parmi elles, près de 60 OSC sont actives dans le domaine électoral.

L’administration publique a plusieurs Ministères qui ont en charge les questions électorales : MATD, Communication, Justice (à tous ses niveaux de tribunaux), Sécurité, Affaires Étrangères, Budget et Finances.

La loi guinéenne prescrit un partenariat technique particulier avec le MATD.

Principaux défis autour du processus électoral :

Comment faire pour le respect des règles élémentaires de la démocratie par les acteurs politiques (libre expression, élections libres, justes et équitables, règles de droit et de justice, exercice des libertés publiques et de sécurité, conduite pour la stabilité politique…) ?

Comment construire une base de confiance entre l’OGE de la Guinée avec les acteurs politiques autour de la conduite du processus électoral en raison des effets négatifs tirés lors des élections organisées par les ministères publics pendant la première et la deuxième République (cela a duré 50 ans) ?

Comment relever le niveau de la qualité des stratégies, mécanismes et canaux de communication sur l’institution et sur les opérations électorales pour asseoir une vraie information qui donne à l’OGE les opportunités de son progrès professionnel ainsi que celles de la crédibilisation des opérations de chaque étape du processus électoral ?

Comment professionnaliser les opérations électorales telles que leur informatisation à cause de la suspicion qui s’est développée à toutes les étapes ?

Pour relever ces défis, la CENI a pratiqué une communication de relation publique qui s’articule sur des principes et des instruments que sont:

  1. Accès équitable à l’information et aux opérations électorales pour tous les acteurs, notamment les partis politiques. Elle a établi une équité entre les partis politiques en instituant un cadre d’échanges et de concertation. Ce principe est accentué au moment de la période électorale, une fois que les candidats sont connus.
  2. Le Partage de l’information autour de principales opérations électorales et le recueil de l’avis des acteurs, notamment des partis politiques avant la mise en œuvre de celles-ci.
  3. L’accès à la formation professionnelle aux partis politiques, la société civile et les médias: formation sur la biométrique du fichier électoral, Formations des représentants de partis politiques au sein des commissions administratives électorales, formation bridge … ;
  4. Le respect de la liberté d’expression des politiques en conformité avec leur vision et leur choix politique sur les questions électorales. Ne pas aller à l’encontre des avis et des opinions politiques publiées dans ls médias, mais fournir par la CENI en temps jugé opportun des informations réelles.
  5. Construire dans les médias des espaces de communication et d’information avec la marque CENI.

Les instruments ou Outils de communication utilisés:

  • Le Comité Inter- parties.
  • Les 38 Cellules Préfectorales de suivi et de gestion du processus électoral;
  • Les cadres de dialogue Politique sur les questions électorales pendant les grandes crises;
  • Le Comité de suivi des accords politiques sur les questions électorales;
  • Les animations de débats dans la presse avec les acteurs politiques;
  • Les commissions techniques de supervision d’opérations électorales;
  • Les commissions administratives électorales;
  • Les sessions de formations professionnelles et des journées d’échanges techniques;

La communication est centrale dans la conduite d’un processus électoral apaisé. Les rencontres avec les partis politiques sont des moments de partages des perceptions qui adoucissent la suspicion, la méfiance et l’accusation.

Les populations électorales et les autres acteurs ont un très fort respect pour l’intensification de la communication vers les partis politiques, cela montre souvent à leurs yeux une volonté de la CENI de décrisper le climat et susciter la convivialité dans le processus électoral.

Source : Le Réseau des compétences électorales Francophones – RECEF.
Extrait du document de bonne pratique de la communication avec les partis politiques présenté par la CENI, lors du 4ième séminaire international d’échanges du RECEF.